La sculpture un langage.

Au départ je me suis emparée de cet autre langage que représente la sculpture parce qu’il correspond à ma forte sensibilité intuitionnelle. Ce langage, ce véhicule m’a permis d’appréhender le monde. Il est outil de communication du monde à moi et versus, avec l’élaboration d’une œuvre message en retour.

J’ai l’ambition de créer un ensemble de sculptures qui interroge nos textes fondateurs. En tissant des liens entre ces textes et ce qui de façon récurrente revient toujours dans l’inconscient collectif, je parviens à isoler un symbole. Exemple : le labyrinthe appartient à la mythologie grecque, il est décliné tout au long de notre culture jusqu’à Harry Potter. Il s’agit donc d’inventorier voir de créer une liste de symboles que je vais utiliser comme un vecteur message dans l’élaboration de mon travail de création.

Mes statues racontent une histoire par le biais de symboles, l’histoire de la conscience humaine et de ses tribulations. Ces symboles se concrétisent par la présence sur, ou à côté d’un portrait d’un objet symbolique ou d’un animal totem. Ainsi une noirceur d’âme est transcrite de deux manières : par la puissance animale des traits physiques du portrait et par l’animal qui l’accompagne (exemple : une nuée de scorpions). Nous sommes invités à une première introspection. La statue suivante peut nous indiquer comment entrer en nous-mêmes et pourquoi. Les socles sont recouverts d’inscriptions qui suggèrent de nouvelles réflexions.

Il s’agit donc de proposer une voie de compréhension de nous-mêmes « le fameux connais-toi toi-même » en recourant au symbole dans le but de nous accomplir. Ce langage symbolique se retrouve dans la peinture ancienne ; il est souvent complexe, sous-jacent et réservé aux initiés. Je fais le pari de le clarifier, de le simplifier, de le réinventer sans pour autant lui enlever son mystère car je perçois très clairement qu’il m’appartient de le faire.

Parallèlement et progressivement j’ai l’intention d’en faire un nouveau livre des symboles.

La sculpture une façon d’être.

La maturation de la matière oppose un ralenti au flux de la pensée, et invite à une méditation de pleine conscience chaque fois que je créer, sitôt suivie d’une guerre nucléaire dont l’enjeu n’est autre que la maîtrise de cette même matière. Une justesse des formes procède de l’acquisition d’un savoir qui s’accomplit de l’œil à la main. Un lâcher prise permet l’aboutissement du processus artistique qui engendre une vacuité intérieure et c’est dans cette espace matriciel qu’infuse l’inspiration. Mon credo : l’archer jamais ne manque la cible.

La sculpture une énergie sans fin

La fertilité de mon imagination m’a épargnée les temps morts, elle a toujours un temps d’avance sur moi ; de plus je me suis attelée à une tâche de grande envergure car la voie symbolique est inépuisable et l’anthropologie balbutie à peine ses premières lois ontologiques. Je me souhaite donc une longue vie, pour le reste il suffit de suivre le fil rouge de l’histoire humaine.

Je soupçonne les sculpteurs d’être dotés d’une énergie hors du commun inhérente probablement à la matière et à cette vocation qui toujours nous aiguillonne! Saine addiction!

Je suis en effet très productive « une statue par mois en moyenne voir une tous les deux mois selon la taille » et le seul frein que je me connaisse depuis toujours serait ce temps englouti à exercer une profession alimentaire mais nécessaire.

Je réalise tout moi-même: armature, moule élastomère/coque plastique, tirage résine acrylique socle béton. Les bronzes quant à eux sont réalisés en fonderie ; il va de soi que je supervise la cire et m’investis dans la ciselure, la patine et la décoration finale. Je souhaiterai aussi, dans un avenir proche, créer une ligne de petits formats à grand tirage.

Je m’inscris dans le mouvement de la nouvelle figuration et souhaite aller le plus loin possible dans ce domaine et laisser une empreinte de joie qui voudrait demeurer.